|
|
||||
The opportunity for interpersonal contact in a warm human community is becoming less and less frequent or non-existent, and this just at a time when the need for human contact is one of the most pressing requirements of our age. The popularity of fundamentalist sects and charismatic groups is proof of this. Most priests are tired out. Some are even at the point of exhaustion. The expression "realignment" as it refers to the re-arranging of pastoral tasks and structures is on the agenda of every diocese and one should be pleased about this. The real vitality of the Christian community must be grounded in a healthier balance of the pastoral activities between lay people and their priests. However, the basic problem has not been addressed. It is useless to hide or overlook the fact that in any new arrangement, the shortage of priests remains the central weakness, regardless of any new geographical arrangement. In many, perhaps even most dioceses, in the various committees charged with dealing with new arrangements there is little talk of the shortage of priests, or the subject is avoided entirely. In fact there is a strong temptation to deny that such a problem exists. So perhaps it is just as urgent to vigorously broach this question of the scarcity of priests with the laity as with the hierarchy. A Christian community cannot operate without ordained ministers any more than any group can function without recognized leaders. Historians will probably tell us that the present
crisis of ordained ministers has become among the most decisive questions
that the Catholic Church has faced throughout the centuries. One
already senses that the Roman Instruction of 1997 concerning the collaboration
of laity and priests has not helped to alleviate the crisis. Perhaps we
should remember that in the past history of the Church flourishing
local churches have disappeared.
Faced with this sad crisis that is affecting Catholic Churches in most industrial countries one wonders if it is not urgent to re-evaluate the relationship between the National Episcopal Conferences and the Roman Curia. An authority at the top can be invaluable in assuring unity in diversity. But this authority can also become counter-productive when it reduces the responsibility of local Bishops and paralyses their activity. Many wonder whether recent documents from Rome are not of this type. Vatican II gave much attention to the importance of change-indicators called "signs of the times". These mark the great turning points in the life of the Church and at the same time offer us a glimpse into what the future might become. The profound questioning going on at present in the Church about the priesthood is one of these signs of the times. To-day debates are taking place publicly following sexual scandals; there is questioning of the discipline of celibacy; there is indignation caused by the refusal to ordain women; there is confusion caused by putting the matter of married priests on the back burner while parishes are being closed and, finally, there is rejection by the young generation of a Church that is seen to be endlessly deadlocked in insignificant issues while real life problems are avoided. In brief, these "signs of the times" are sufficiently clear, thirty years after the Council, that one can draw this conclusion - the time has come to move from a "docile hierarchy" to one of shepherds who will assume their proper responsibilities. The required changes, we know, will not come from the top. Change must be initiated at the base. In other words, the passive submission of the Bishops to the centralizing power of Rome has had its time. We can no longer be satisfied to be governed by decisions taken over there, decisions which they have been slow to take or have refused to take. The concept of collegiality, strongly affirmed
at the Second Vatican Council recognized the legitimacy of established
national Conferences of Bishops and encouraged their development where
they did not yet exist, requiring that the Bishops truly preside over the
life of the local Church. The Bishops should no longer be restrained from
undertaking necessary changes for the benefit of the local Church on the
pretext of obedience to a central power. It is not a question of
encouraging insubordination, but rather, of developing a style of action
that encourages the taking of initiatives necessary to bring about necessary
improvements. Finding solutions to the shortage of ordained ministers
is one of the most urgent and needed tasks on which the Bishops must take
effective action. It means basically that the Bishops must become firmly
in charge of the life of their Churches in the name of the gospel.
Communications : Jean Trudeau
Ottawa
|
La possibilité du contact interpersonnel dans des communautés à taille humaine est réduite sinon sacrifiée suite à cette situation. Pourtant le besoin de chaleur humaine constitue un des besoins les plus significatifs de notre époque. La popularité des regroupements de type charismatique, sans parler des sectes, l'indique assez bien. D'autre part, la majorité des prêtres sont fatigués. Plusieurs n'en peuvent plus. Pendant ce temps, le terme réaménagement, en ce qui touche la répartition des tâches pastorales et des structures, est à l'ordre du jour dans tous les diocèses. Il convient de s'en réjouir. Que l'on fasse reposer la vie des communautés chrétiennes sur une nouvelle conjugaison des efforts de tous, laïques et prêtres, est hautement désirable. Mais le problème n'est pas réglé pour autant. Inutile de se le cacher, le déclencheur de l'entreprise tient à une réalité décisive, celle de la pénurie de prêtres, sans exclure des causes plus relatives telles les déplacements de population. Dans la plupart des diocèses, les divers comités voués au réaménagement en parlent peu ou pas comme si l'on croyait préférable de taire le vrai problème. La tentation d'occulter la réalité s'avère très forte. Pourtant, il est urgent d'aborder résolument la question de la relève des ministres ordonnés, tant au niveau des laïques que de la hiérarchie. Une communauté chrétienne ne fonctionne pas sans ministres ordonnés, pas plus qu'un groupe ne fonctionne sans responsable reconnu. Les historiens nous diront
si la crise actuelle des ministres ordonnés ne se situe pas parmi
les remises en question les plus décisives qu'ait connues l'Église
catholique au cours des siècles. D'ores et déjà on
sent bien que l'Instruction romaine de novembre 1997, sur la collaboration
entre laïques et prêtres, n'a pas contribué au dénouement
de la crise. Peut-être y aurait-il avantage à se souvenir,
en ce moment, que des Églises locales, jadis florissantes, sont
disparues.
Au coeur de cette crise douloureuse qui affecte les chrétiens et les chrétiennes d'allégeance catholique dans la plupart des pays industrialisés, on se demande s'il ne devient pas urgent de réévaluer le rapport entre les Conférences des Évêques et la Curie romaine. Une autorité au sommet peut être précieuse pour offrir une possibilité dynamisante de rencontre de la diversité et assurer une certaine unité. Mais cette autorité peut aussi se transformer en un contre-pouvoir qui réduit la responsabilité des évêques locaux et paralyse leur action. Plusieurs se demandent si les récents documents issus de Rome ne vont pas dans ce sens. On a beaucoup parlé à Vatican II de l'importance de ces indicateurs de changements pressants qu'on a appelés "signes des temps". Ils marquent les grands tournants dans l'Église en même temps qu'ils permettent d'en entrevoir le profil. La remise en question profonde touchant les prêtres est de cet ordre. Les indicateurs de la crise sont multiples. Ils vont des débats qui se déroulent sur la place publique suite aux scandales liés aux délits d'ordre sexuel, au questionnement sur la discipline du célibat, en passant par l'indignation face au refus de l'ordination des femmes et au malaise créé par la mise au rancart des prêtres mariés alors que des paroisses sont fermées. Ils se manifestent surtout peut-être par l'éloignement dramatique, sinon le rejet, chez les jeunes générations d'une église enfermée dans ses blocages et perçue comme insignifiante. Ces indicateurs durent depuis assez longtemps et se poursuivent avec assez d'insistance pour que les évêques, pour leur part, révisent leur mode d'action. Plus de trente ans après le concile, une conclusion s'impose : le temps est venu de faire le passage d'un "épiscopat docile" à un de pasteurs qui assument autrement leur leadership. Les changements, on le sait, ne viendront pas du sommet. Il doivent être amorcés à la base. Autrement dit, il est temps que la conférence des évêques exerce l'autorité qui lui revient. On ne peut plus se contenter de gérer ici les décisions prises là-bas, pas plus qu'on peut se permettre d'attendre les changements qui ne viennent pas ou qui tardent trop. Le concept de collégialité,
fortement affirmé à Vatican II et qui est à l'origine
de la confirmation du rôle des Conférences épiscopales
existantes et de leur instauration ailleurs, commande que les évêques
président véritablement à la vie de leur Église.
Les pasteurs ne sauraient plus se soustraire à leur responsabilité
d'opérer des changements nécessaires, sous prétexte
d'obéissance au pouvoir central. Il n'est pas question d'ériger
l'insoumission en vertu, même si parfois elle peut s'imposer. Mais
il s'agit de dépasser le langage diplomatique sclérosé
qui a cours, en faveur d'un mode d'intervention qui permette les ajustements
qui s'imposent. Or, faut-il le répéter, la recherche de solutions
au problème des ministres ordonnés apparaît comme
un des ajustements majeurs les plus pressants de l'heure. Il s'agit, au
fond, pour les évêques de prendre résolument en charge
la vie de leurs Églises au nom de l'Évangile.
Communications : Jean Trudeau
Ottawa
|
| En envoyant aux évêques du Canada le présent Manifeste
touchant la pénurie des prêtres et ses répercussions
douloureuses sur la vie des communautés chrétiennes, nous
croyons traduire la pensée d'un grand nombre de catholiques
et représenter le <sensus fidelium>.
L'impasse majeure dans laquelle se retrouve l'Église dans la plupart des pays Occidentaux, constitue une invitation pressante à l'action concernant le ministère ordonné. Il n'est plus possible, en effet, de croire en une reprise du recrutement selon la discipline en vigueur. Nous croyons que plusieurs évêques partagent cette vision. L'objectif du Manifeste est de dire à nos évêques que de très nombreux catholiques, sans parler des centaines de communautés chrétiennes qui se sentent abandonnées, les appuieraient dans une action immédiate de renouvellement. Le Groupe du Manifeste Ottawa
Nous avons lu le document intitulé "MANIFESTE DE CHRÉTIENS ET DE CHRÉTIENNES À LEURS ÉVÊQUES TOUCHANT LA PÉNURIE DE PRÊTRES." Nous lui donnons un appui total
Faire parvenir à : Jean Trudeau 2120 Monson Ottawa, Ontario, K1J 6A8 Téléphone : 613-745-2170 Télécopieur : 613-745-2656 Courrier électronique : jtrudeau@cyberus.ca |
| In sending to the Bishops of Canada the accompanying Statement dealing
with the shortage of priests and its sad consequences in the life of Christian
communities, we believe that we are reflecting the thoughts of a large
number of Catholics and that it represents the "sensus fidelium".
The serious situation in which the Church finds itself in most Western countries requires urgent attention concerning the state of the ordained ministry. In fact, it is not possible to hope for a reversal of recruitment trends given the present discipline. We believe that many Bishops share this perception. The purpose of the Statement is to remind our Bishops that a large number of Catholics, let alone hundreds of Christian communities who feel abandoned, would support an immediate initiative of their part. The Statement Committee. Ottawa, October 1998
We have read the document intitled: "A STATEMENT BY SOME CATHOLICS TO
THE CANADIAN BISHOPS CONCERNING THE SHORTAGE OF PRIESTS." We give
it our full support.
2120 Monson Ottawa Ontario K1J 6A8
Tel: (613) 745-2170
|
|